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Analyses, décryptages et interviews pour comprendre les enjeux du Food & Agri.

Retail Retailnews Gondola Magazine +PLUS Share this article L’alimentation européenne a longtemps été pensée pour le foyer. Le repas comme ciment social, table large, plats à partager, restes du lendemain. Pendant des décennies, cuisiner signifiait “faire pour plusieurs”. Aujourd’hui, cette grammaire se fissure. Nous assistons à une bascule silencieuse mais massive : l’unité alimentaire n’est plus le foyer, c’est l’individu.

Plébiscité par les foules, le loup végétarien de la publicité d'Intermarché est révélateur d'une morale très contemporaine sur la façon dont nous abordons l'alimentation. Décryptage de cette « fable » par la prospectiviste Sandrine Doppler.


Pendant des siècles, manger mobilisait le corps : choisir, peler, mâcher, partager. L'assiette était un lieu d'effort autant que de plaisir, de mémoire autant que de socialité. Aujourd'hui, elle devient un espace de fluidité, de facilité, de vitesse. Ce glissement, discret mais profond, signe une transformation anthropologique.

La transition vers une alimentation et une agriculture plus durables est un enjeu majeur de notre époque. Face à l’urgence climatique et aux défis sociaux actuels, un changement de paradigme s’impose dans nos manières de produire, transformer, distribuer et consommer notre nourriture.

Caviar du pauvre, plat de cantine; quand ils font leurs courses, la lentille n’est pas franchement le premier choix des consommateurs. Pourtant, dans de nombreux pays, en manger le 1er janvier est un gage de chance et de prospérité pour l’année à venir. Et si en 2023 on en mangeait tous les jours ?

La Gen Z (ou Génération Z est la génération qui débute au milieu des années 1990 et s’étend jusqu’à la deuxième décennie de ce siècle, bien que les années exactes diffèrent selon les sources, NDLR) est la génération la plus persuadée que nous irons vivre sur Mars, une conviction qui explique leur comportement vis-à-vis de la transition écologique et alimentaire.

Le médecin addictologue et président de SOS addiction William Lowenstein et Sophie Janvier, autrice de "La méthode douce pour mieux manger" (éditions Leduc), viennent de participer au webinaire "One earth". Ils seront aussi les invités de l'événement Santé Globale, co-organisé par Sciences et Avenir - La Recherche, qui aura lieu vendredi à Strasbourg.

A l'heure où les crises s'accumulent et s'amplifient, que notre système alimentaire est plus que fragile il me parait nécessaire de préciser les valeurs qui m'animent et le rôle qui est le mien dans ce secteur qui doit muer de façon urgente.

Pour Sandrine Doppler, les planètes seraient enfin alignées pour accélérer la consommation de produits locaux et par conséquent la transition alimentaire. Une des raisons serait que pour la première fois, les leaders d’approvisionnement de ce secteur arrivent à être au même prix final que les acteurs classiques de la distribution.

Et si en 2023, la France importait plus d’aliments qu’elle n’en exporte ? Ce curieux constat, établi par un rapport présenté au Sénat en 2019, souligne la dépendance progressive de l’hexagone vis-à-vis de filières agricoles étrangères, notamment sur des produits que nous avons l’habitude de produire chez nous (la pomme, par exemple, dont la production française a été en 2020 la plus basse depuis sept ans). Au-delà de la catastrophe écologique que représente l’importation de certaines denrées alimentaires, la question de notre souveraineté alimentaire se pose. Alors comment l’agriculture française peut-t-elle continuer à nourrir le pays tout entier ?
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Circuit courts, alimentation locale et de proximité n’ont jamais été autant plébiscités. La crise sanitaire aura été un révélateur de nouvelles tendances et à y regarder de plus près, le monde d’avant pourrait bien resurgir aussi en la matière, soulevant la question primordiale de notre souveraineté alimentaire.

S’il y avait un moyen de ne pas manger et de pouvoir travailler plus, je ne mangerais plus » aurait un jour lancé Elon Musk à un journaliste qui l’interrogeait sur ses pratiques alimentaires.

Cette année, plus que toute autre, les consommateurs ont su faire le lien entre santé et alimentation. Dans un souci de (re)prise en main de cette dernière, nombreux sont ceux pour qui la crise de confiance avec certaines marques ou groupes industriels s’est aggravée. Face à un manque d’information ou de compréhension, les consommateurs ne se font plus avoir et n’hésitent pas à demander des comptes. Dans ce contexte, la transparence alimentaire apparaît comme la solution pour stopper l’érosion et, on l’espère, mettre enfin tout le monde d’accord.

Fake news, complots, information surabondante, multiplication de controverses, manque d’explications et de transparence.… Le climat actuel est à la fois anxiogène et déstabilisant. Il engendre de nouvelles craintes, attentes et comportements de la part des Français, et suscite des inquiétudes souvent infondées voire même des comportements irrationnels dans notre vie de tous les jours.

Le premier confinement a mis en évidence l’importance de l’alimentation dans les foyers. Circuits courts, produits de la grande distribution… Quelle consommation privilégier pour opérer des choix responsables pour notre santé et pour préserver la planète ? C’est sur cette thématique importante que s’est concentré le webinaire, organisé par Planète Food Santé, un nouveau média co-crée par Sandrine Doppler et Evidence Santé.

La crise sanitaire et le confinement qui a suivi ont profondément impacté nos modes de vie. Pas seulement en nous privant de déplacement mais surtout en réalignant nos priorités. Au premier niveau de la pyramide de Maslow qui hiérarchise nos besoins, se nourrir est devenu vital, un objectif que nous atteignions sans jamais y penser jusque-là.
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Imaginez un monde où vous et moi serions tous, sans exception, des consommateurs conscients, éthiques et responsables ; des individus pour qui la consommation serait directement en phase avec l’environnement, les espaces et les espèces vivants. Pas ou peu de déchet, de destruction et de gâchis. La vision de ce consommateur fait rêver et pourtant elle existe. De nombreux individus ont aujourd’hui une alimentation qui repose essentiellement sur les produits sains, durables, issus de l’agriculture et la production biologique. Malheureusement ils ne sont pas la norme. En effet, pour un consommateur responsable, combien de consommateurs indécis, qui veulent bien faire mais n’agissent pas ?
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