
Transition alimentaire
MARS 2019
Et si la révolution agricole passait par les territoires ?
D’ici à 2050, la planète comptera 10 milliards de bouches à nourrir. C’est dans ce contexte que la commission EAT appelle aujourd’hui à la mise en place d’une nouvelle révolution agricole mondiale. La mission ? Poser les bases d’une agriculture saine, durable et locale, soucieuse des attentes des consommateurs et de la protection de l’environnement.
Pour l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, une alimentation durable consiste à mettre en place des régimes alimentaires qui contribuent à la sécurité alimentaire et nutritionnelle ainsi qu’à une vie saine pour les générations actuelles et futures et dont les conséquences sur l’environnement sont minimes. Dans cette optique, les territoires et les collectivités ont un rôle majeur à jouer.
Pour répondre à l’attente des populations en matière d’agriculture locale, nombreuses sont les collectivités à se tourner vers les projets alimentaires territoriaux (PAT). Prévus dans la loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt de 2014, ces projets sont des actions de partenariat menées à l’initiative et à l’échelle des territoires dont le but est d’ancrer l'agriculture et l'alimentation locale. Exemple de projet en cours, la mise en place du PAT de l’île d’Oléron dont l’objectif est d’approvisionner à 50% en bio ou local les cantines de huit communes environnantes. L’idée est de conforter des petites exploitations et de favoriser l’installation de jeunes installations et leur intégration dans le circuit court de l’île. Des résultats déjà visibles au niveau des cantines scolaires où l’éducation aux goûts des enfants est prise en charge chaque semaine par des chefs et producteurs locaux.
Lancé ce mois-ci, le PAT, de la Métropole Aix-Marseille-Provence et le Pays d’Arles, premier territoire bio de France, est également plein de promesses. Co-construit grâce à la collaboration de différents partenaires (Etat, région, société civile), le projet vise à rapprocher producteurs, transformateurs, consommateurs ou encore distributeurs afin d’organiser une « logistique alimentaire rationnelle et durable » et de générer des emplois dans toute la région. Un projet ambitieux et collaboratif échelonné sur 3 ans avec en ligne de mire une labellisation par le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.
On le voit, ces projets visent à redonner aux territoires un pouvoir de décision et d’action afin de mettre au point des systèmes alimentaires plus durables. Attention cependant aux obstacles et aux écueils. En effet, mener un PAT suppose de mener un diagnostic continu et progressif de la situation du territoire. Connaître les acteurs, faire entendre les voix de chacun, la chose n’est pas aisée et suppose une communication fluide, une entente entre les sphères politiques et agricoles ainsi que la capacité à lever les fonds nécessaires pour ce type d’initiatives.
En juin 2018, 19 PAT étaient déjà reconnus par le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. Autant de projets concrets et de petits cercles vertueux qui, chaque jour, agissent pour le respect de l’environnement, la création de lien social, d’emplois et la lutte contre le gaspillage.
Ouf, favoriser une agriculture durable et une alimentation locale accessible à tous, c’est donc possible !
Sandrine Doppler
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